Les nouveaux métiers de la Logistique et de la Supply chain

Spécialiste des filières Logistique, Supply chain, Industrie et fondateur du cabinet de recrutement Amalo, Yann Nabusset nous parle de la façon dont les métiers de ces secteurs ont évolué ces dernières années et quels profils peuvent s’y intéresser. 


Supply chain et Logistique : quelles différences entre ces deux secteurs ?

Parfois confondus, la Logistique et la Supply chain sont deux secteurs proches… mais pas identiques. Si l’on devait résumer : la “Supply chain est une globalité avec la Logistique comme l’un de ses maillons”, explique Yann.

La Supply chain s’intéresse à plusieurs flux : 

  • des flux physiques (les colis, les marchandises…)
  • des flux financiers (les coûts, les dépenses…)
  • des flux d’informations (avec les clients, les fournisseurs, les partenaires…)

La Logistique est dédiée à la partie “flux physiques”. Elle est finalement le maillon opérationnel de la Supply chain qui, elle, intervient sur un ensemble d’étapes faisant d’elle l’ossature d’une entreprise.

Selon Yann, “les deux s’interconnectent et ont besoin l’un de l’autre, mais on n’y retrouve pas les mêmes profils, ni les mêmes cultures”.


Supply chain : quelles évolutions dans ce secteur d’emploi ?

Au sein de la Supply chain, il existe de nombreuses fonctions, qui interviennent en amont et en aval de la Logistique (notamment avec les prévisions des ventes, la gestion des partenaires, des clients, etc.).

Les nouveaux métiers de la Supply chain

De manière générale, les experts de la Supply chain ont de plus en plus pour objectif d’optimiser l’existant :

  • prévision des ventes
  • gestion des stocks et lieux de stockage
  • gestion de l’approvisionnement
  • etc.

Si les métiers ne sont pas “nouveaux”, il y a tout de même une réelle bascule vers l’utilisation de la technologie, qu’elle soit mécanique ou digitale. L’objectif ? Mieux comprendre la façon dont fonctionne les flux et ainsi être en capacité de les optimiser sur l’ensemble de la chaîne.

Grâce à ces compétences digitales, les experts de la Supply chain agissent par exemple sur : 

  • l’optimisation de la surface des entrepôts en fonction de la saisonnalité, avec la possibilité de louer une partie de leurs stockages durant une période de l’année plus creuse pour faire des économies
  • l’optimisation de la production pour ne pas produire plus que nécessaire ou éviter les ruptures de stocks, en analysant les besoins et la demande et en s’aidant de l’intelligence artificielle pour anticiper les prochaines périodes
  • etc. 

L’exemple du métier “prévisionniste des ventes”

Même si ce métier ne change pas fondamentalement ces dernières années, les profils des experts de la prévision des ventes ont changé. La raison ? Les entreprises n’attendent plus le même travail de la part de ces experts.

Yann nous explique : “Auparavant, il s’agissait souvent d’un ancien commercial à qui l’on confiait ce rôle en plus de son poste de commercial. Ensuite, ça a basculé sur des profils orientés école de commerce mais aujourd’hui on retrouve beaucoup d’ingénieurs (école d’ingénieurs, Polytechnique) car ce poste nécessite de gérer des algorithmes, des datas et d’en tirer des analyses poussées liées à de nombreux facteurs. On pourrait par exemple citer la météo ou la situation géopolitique, mais le nombre de paramètres peut être bien plus élevé”. 

Grâce aux analyses et recommandations de ces profils, la prévision des stocks et la production se font de manière plus optimale. L’entreprise gagne en efficacité. 

Les profils recherchés dans le secteur de la Supply chain

Au sein de la Supply chain, les profils recherchés sont souvent plus diplômés que ceux de la Logistique car, même si tous les métiers peuvent s’apprendre “en faisant”, les postes de la Supply chain nécessitent des connaissances poussées dans l’administration, la finance ou même le commerce international.

Yann le précise : “On peut acheter un produit d’une dizaine de façon dans un même pays, selon comment on le paye, quelle assurance est impliquée, quel type d’approvisionnement est choisi, etc. Cela nécessite d’avoir appris toutes ces subtilités et de les maîtriser parfaitement.”

Au sein de la Supply chain, on retrouve aussi des profils d’analystes de données (par exemple celui de “master data manager”), de chef de projet, d’expert en automatisation, etc. 

Tout le monde accumule la data, mais personne ne sait quoi en faire. Donc le travail d’analyse est essentiel et il est de plus en plus recherché ! La Supply chain ne fait pas exception” explique Yann.


Logistique : quelles évolutions dans ce secteur d’emploi ?

Au sein de la Logistique, il y a plusieurs types de fonctions : les fonctions opérationnelles mais aussi les fonctions supports. L’objectif de ces différents profils : faciliter la gestion des produits et matières dans l’entrepôt ainsi que leur transport.

Les nouveaux métiers du monde de la Logistique

Ces dernières années, il y a des attentes plus élevées autour de certains profils selon Yann : “Par exemple, on attend des chefs d’équipe qu’ils soient capables d’utiliser des logiciels poussés. Ces nouveaux outils permettent par exemple de suivre la productivité, de réaliser des reportings”. En plus de la gestion de leurs équipes, ils assurent également le suivi du quotidien, avec toujours comme objectif l’optimisation.

Dans la Logistique, le glissement vers le digital existe aussi. En revanche, les enjeux de la Logistique par rapport à cette “digitalisation” se font sur des points dédiés à ce secteur. Par exemple : 

  • une meilleure gestion de l’emplacement des colis dans les entrepôts pour faciliter le travail de préparation de commande et gagner du temps
  • un travail en collaboration avec l’équipe marketing pour mieux gérer les stocks restants, identifiés grâce aux outils de suivi et réaliser des actions de promotion sur des produits restants en stock
  • l’amélioration de la maintenance industrielle grâce à la programmation et la maîtrise des logiciels de gestion et des robots qui permettent d’automatiser certaines tâches

Tout cela existe car les entrepôts se modernisent massivement, il faut donc des profils capables de gérer cette modernisation et les nouveautés qui lui sont inhérentes. 

La subtilité des “key users” dans les équipes Logistique

Il ne s’agit pas d’un métier à proprement parler mais le rôle de “key user” prend une importance croissante dans certaines entreprises comme l’explique Yann :

Le key user est un référent qui a suivi la formation d’un éditeur, connaît le logiciel sur le bout des doigts et l’utilise quotidiennement dans le cadre de son poste. Il est aussi souvent le point de contact entre les besoins opérationnels et les profils de développeurs (internes à l’entreprise ou au sein de l’éditeur directement), car chaque outil est mis en place et utilisé différemment selon l’entreprise, son contexte et ses besoins… Quand il y a un besoin d’évolution ou de résolution d’un problème, c’est lui qui pourra le qualifier et le suivre”. 

Bon à savoir – Les logiciels concernés sont principalement les suivants : 

  • des WMS (Warehouse management system) : gestion des opérations d’un entrepôt de stockage
  • des TMS (Transport Management System) : gestion des opérations de transport
  • des ERP (Enterprise resource planning) : gestion des activités quotidiennes d’une entreprise comme la comptabilité, les achats, la chaîne de production…

Les profils recherchés dans le secteur de la Logistique

Yann, dans son activité quotidienne, rencontre beaucoup de profils du secteur de la Logistique et “aucun parcours n’est identique ! Les diplômes peuvent permettre à ceux qui les possèdent de sauter quelques étapes dans la hiérarchie des équipes Logistique, mais c’est surtout un secteur de terrain et de bon sens”. 

Les profils recherchés ont de l’expertise technique mais surtout de grandes qualités humaines car c’est un métier où il faut avoir l’esprit d’équipe, la communication facile et l’envie de toujours faire mieux : “Ce qui est génial dans ce secteur c’est que les métiers sont exigeants, mais surtout qu’on laisse sa chance aux gens et qu’il y a de réelles possibilités d’évolution pour les personnes qui s’en donnent les moyens” explique Yann. 

Aussi, comme pour la Supply chain, certains profils orientés digital et gestion de logiciels peuvent être intéressants pour les entreprises. Avoir des connaissances poussées n’est pas obligatoire mais avoir “la fibre digitale” et l’envie d’apprendre est un plus. “Le côté humain est à nouveau très important car si on met en place un logiciel, il faut le déployer : le côté chef de projet parle. Mais il faut aussi former les collaborateurs et favoriser l’adoption de l’outil dans les équipes : alors c’est le côté formateur et pédagogue qui parle !” ajoute Yann.  


L’avenir des métiers de la Supply chain et de la logistique

Ces deux secteurs sont en pleine ébullition ! Yann analyse leur avenir : “Avant la crise du Covid 19, les industriels avaient déjà tout optimisé dans leurs usines. Et une fois que tout est optimisé dans les métiers de production, forcément, l’entreprise cherche à optimiser ailleurs ! Dans ce cadre-là, l’impact de l’optimisation des étapes de Supply chain et de Logistique est encore plus visible sur la performance, les économies et le moral des troupes”.

Robots et logiciels sont-ils synonymes de moins de personnel en Logistique et Supply chain ?

C’est une question légitime que beaucoup de professionnels de ces deux secteurs peuvent se poser. 

Mais qu’ils se rassurent ! Yann est très confiant sur l’avenir de l’emploi des profils dont nous venons de parler. 3 raisons principales le prouvent : 

  • L’automatisation et l’intelligence artificielle ne peuvent pas fonctionner seules, il y aura toujours besoin de profils pour les mettre en place, les suivre et les améliorer au quotidien : de nouveaux postes naissent !
  • L’automatisation et l’intelligence artificielle permettent d’éviter les tâches répétitives et sans valeur ajoutée pour permettre à ceux qui les effectuent de basculer sur des missions à plus forte valeur ajoutée : des postes deviennent plus intéressants ! Yann cite par exemple “les préparateurs de commande, qui vont faire moins de déplacements dans la journée et se pencheront moins pour réaliser les commandes. En revanche, ils auront plus de temps pour vérifier qu’elles sont parfaitement emballées, ajouter des éléments personnalisés pour le client et ainsi agir sur sa satisfaction de façon plus valorisante !” 
  • L’automatisation et l’intelligence artificielle permettent de supprimer certains postes et offrent la possibilité à ceux qui les occupaient de se former sur d’autres pans de la Logistique ou de la Supply chain (par exemple, le suivi de la relation avec les clients) : des profils se reconvertissent !

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A propos de Amalo Recrutement : Ce cabinet de recrutement se compose d’une dizaine de collaborateurs basés en France (Rouen, Paris, Toulouse et Donville-les-Bains). Il est spécialisé dans le sourcing de profils techniques des secteurs de la Logistique, de la Supply chain et de l’Industrie. Si vous êtes un expert de ces trois branches, vous pourriez un jour échanger avec ce cabinet à taille humaine, qui place l’expérience de ses candidats comme une priorité absolue.

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